Agricultures urbaines, demain, tous jardiniers urbains ?

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L’agriculture urbaine nous propose une nouvelle manière de consommer, de nous alimenter et une modification profonde de notre vision de la ville et de l’urbanisme.

Accompagner son développement et y participer en tant que citoyen, industriel et politique répond à  une urgence écologique. Pourtant, convaincre les populations et institutions semble être complexe et un travail de longue haleine.

Dans cette article, je présenterai les raisons qui nous poussent à penser que son développement est imminent, nécessaire et comment y contribuer en tant que citoyen.

Et si, demain,  nous devenions tous des jardiniers urbains? Nous participerions à l’avènement d’une ville verte, alimentaire et durable.

Laissons de côté le développement économique & professionnel de l’agriculture urbaine que j’ai déjà abordé dans ce précédant billet. Penchons-nous plutôt sur les raisons qui nous pousse à tendre vers ce modèle et comment les citoyens jouent un rôle majeur dans l’avènement de l’agriculture urbaine.

Pourquoi l’agriculture urbaine ?

l’urgence écologique :

Aujourd’hui, nous ne pouvons ignorer les impacts à court et moyen terme du réchauffement climatique. L’une de ses conséquences est ce que l’on appelle le phénomène de désertification des sols. Actuellement, nous savons que des régions d’Afrique, de Californie & du moyen orient sont touchées par ce phénomène. Il s’explique en partie par le réchauffement climatique mais aussi par une exploitation intensive du sol par l’agriculture industrielle et l’activité humaine.

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Sur ce point, l’agriculture urbaine propose des modèles diversifiés qui pourraient être autant d’alternatives limitants les rejets de gaz à effets de serres.

L’agriculture industrielle met en péril notre capacité à nous nourrir :

Le résultat est que certaines zones ou l’on pratiquait habituellement une agriculture traditionnelle ou industrielle n’a plus la capacité de produire des aliments aux populations et cela génère des insécurités alimentaires.

De plus, nous savons qu’en perpétuant notre modèle actuel (alimentaire et énergétique), nous allons aux devants de grands bouleversements des écosystèmes et de chutes de biodiversité majeures. Ce que nous disent les scientifiques, c’est que ces perturbations auront un impact important sur notre économie, notre alimentation et notre quotidien.

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Sur ce point aussi , l’agriculture urbaine propose un gestion différente des espaces naturels et une concentration des lieux de productions à proximité des lieux de consommation.

Produire mieux en consommant moins d’énergie :

Sur la question de l’énergie, l’agriculture industrielle est grande consommatrice d’énergie fossile, pour la production, le transport, l’emballage. Dans 20 ans, avec la raréfaction des sources d’énergie, produire à l’autre bout de l’Europe des produits que l’on pourrait cultiver à quelques kilomètres aura-t-il encore du sens ? L’agriculture urbaine propose une économie davantage ancrée sur le local et le l’économie réelle, ce qui réduit d’autant l’énergie utilisée traditionnellement sur le transport.

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Les nouveaux sociostyles sont demandeurs :

Aux dernières nouvelles, les Hipsters étaient en train de disparaître dans le bouillon de la « mass culture », avec leurs tatouages, longues barbes et chemises de bucherons. On parle déjà de leurs remplaçants, les Yuccies, soit de jeunes urbains créatifs, entrepreneurs à l’alimentation éthique & écologique. Ils rejoignent donc leurs cousins les écolos & bobos des villes dans leurs recherches d’une alimentation saine et durable. Leurs motivations de se réaliser pleinement rejoignent celles des jeunes parents à la recherche du meilleur pour leurs enfants. Ils apprennent les bases du jardinage pour les faire découvrir à leurs enfants et leurs faire goûter les fruits de leurs efforts. Comme pour la tribu « Ecolo », faire pousser des plantes doit trouver une utilisation alimentaire ou médicinale.

Ce qui est intéressant est que des personnes de classes sociales très diverses commencent à ressentir les même envies, produire leur propre nourriture.

Les étapes clés du retour à la terre :

Si je dois résumer les différentes étapes menant à la pratique du jardinage en ville, je les présenterai ainsi.

  • Prise de conscience écologique : Envie de changer de modèle écologique, adapter le modèle économique aux réalités actuelles, sentiment d’urgence…
  • Montée en compétences : Recherche d’informations, groupes de réflexions, recherches internet, livres…
  • Passage à l’acte : Envie de tester la culture de légumes, individuellement, collectivement…
  • Transmission à l’enfant : Besoin de partager le savoir et les récoltes avec les enfants, les proches…
  • Consommation responsable & durable : Modification profonde du mode de consommation et d’alimentation.

Dans ce modèle, la montée en compétences et le passage à l’acte permettent de transmettre du savoir et d’accompagner un changement dans la manière de consommer. En réalité, les étapes se chevauchent certainement car elles se nourrissent entre elles. Cependant je pense qu’elles sont toutes utiles pour parvenir à la conviction finale, celle de participer à un modèle nouveau.

Alors, devrons-nous tous devenir des jardiniers urbains amateurs pour changer de modèle ? 

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Le légume, l’arme de la révolution?

Les choses ne changent pas, c’est nous qui changeons. Henry THOREAU

Henry THOREAU était un américain,  fervent défenseur de l’abolition de l’esclavage, de la nature et de la cause des femmes. Sa vision du véritable changement ne pouvait se faire que par les masses, le peuple, car les systèmes qu’ils soient politiques ou économiques lui semblaient rongés par l’inertie, la corruption & les intérêts personnels.

Pour faire une révolution, il faut des armes. Pour certains, les armes sont des graines, des légumes et des râteaux. En faisant pousser des légumes collectivement dans les espaces publics, les urbains ont démontrés qu’ils pouvaient apprendre rapidement à faire pousser des légumes, produire pour tous et reprendre le contrôle d’une partie de leur alimentation.

Peut-on considérer que tous ces mouvements qui naissent autour du jardinage en ville sont l’expression du peuple? L’idée que les gens sont en plein bouleversement de leurs habitudes alimentaires ?

Comment le jardinage modifie nos comportements ?

Je constate que quelqu’un qui a pris le temps de créer un potager, à semé, pris soin de ses légumes et goûté le fruit de son travail sera plus enclin à acheter dans le commerce des produits de meilleures qualités et plus diversifiées que l’offre des supermarchés.

Il passera sans doute davantage par les circuits courts, les marchés et sera plus exigent sur les produits qu’il achète. Je suis convaincue que le jour où une offre adaptée se développera, les consommateurs seront prêts à l’adopter.

Aujourd’hui, je suis persuadé que l’on peut expliquer l’emmergence du potager et du jardinage en ville comme l’étape essentielle d’une prise de conscience écologique des urbains et une envie de passer à l’action en changeant de comportement.

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Dans ce cadre le jardinage devient un acte fort, porteur de changement pour toute la société.

Le jardinage, une mise en pratique de l’écologie

On l’a compris, pour changer de modèle nous devons changer de comportement d’achat et d’alimentation. Pour cela, le potager constitue un excellent accélérateur, comment alors passer à l’action lorsque l’on habite en ville ?

Les formes de jardinage participatifs ont l’avantage de mettre en pratique rapidement et permettent également aux néophytes de monter en compétences.

Voici un panorama des solutions offertes aux urbains en mal de jardins.

Les jardins familiaux : Situés à proximités  des quartiers d’habitations ils permettent à chacun de disposer d’un petit bout de terrain, d’un cabanon et de bénéficier des conseils et des échanges chaleureux avec les membres du réseau. Supervisés par les collectivités, les associations gérant ces lieux sont assez indépendantes et adaptées à ceux qui souhaite s’investir dans du jardinage collectif mais avec son petit lopin personnel.

Les inconvénients sont qu’on ne les trouve pas dans tous les quartiers et qu’en général il y a des listes d’attentes interminables pour accéder au terrain.

Les jardins partagés : Il se développent de plus en plus au coeur des villes, dans des délaissées, des dents creuses et des terrains de particuliers. Le principe est simple, un jardin pour tous, chacun propose des idées et des projets de cultures à mettre en place et partagent ses connaissances et récoltes avec le groupe.

Parfois complexe à mettre en place avec des problématiques urbaines, cultures hors-sol, motivation des équipes, il peuvent avec le temps devenir de vrais lieux d’échanges sociaux et commerciaux.ILLUSTRATION-PANNEAU-9

Le jardinage de rue : Avec le développement fulgurant des « Incroyables comestibles », le mouvement des jardiniers urbains fait un pas certains vers la médiatisation et l’ouverture au plus grand nombre. Les jardiniers commencent à se regrouper via les réseaux sociaux puis postent une photo de groupe devant un panneau de la ville pour signifier l’émergence du mouvement dans la localité. Quand la presse s’empare du sujet, le mouvement ne tarde pas à grossir et bientôt ce sont des bacs remplis de plantes potagères qui envahissent les trottoirs, cours d’écoles et plates-bandes prêtées par les mairies.

Si vous souhaitez rejoindre le mouvement, contactez les « incroyables comestibles » de votre ville, ils se feront un plaisir de vous répondre et vous inviter aux prochains évènements.a171_incredible_edible_todmorden_incroyables_comestibles_france_alsace_strasbourg_nourriture_a_partager_w1600

Le projet LOPIN : Encore à l’état de Bêta, le site web LOPINCO.fr  à pour vocation de favoriser l’émergence des différentes formes de jardinage en ville. Il permet de renseigner son jardin individuel ou partagé sur une carte et d’inviter des jardiniers curieux à vous rejoindre pour gérer collectivement le lieux.  j’ai participé personnellement à l’émergence du projet et nous recherchons des bénévoles pour nous rejoindre et continuer à développer des fonctionnalités spécifiques, vous pouvez découvrir le projet sur lopinco.fr.pagelopin

Le jardinage individuel : Pour ceux qui ont un bout de terrain en ville ou un grand balcon, cultiver ses propres légumes est une réalité que de plus en plus d’urbains franchissent. Que ce soit pour agrémenter son petit jardin personnel ou constituer une véritable source d’alimentation naturelle supplémentaire le jardinage individuel à de beaux jours devant lui. A l’avenir, on peut imaginer qu’il sera davantage orienté sur la culture de l’alimentaire que sur le jardin purement esthétique.887109158_183cf7959d_o

J’espère que cet article vous a plu, pour ceux qui étaient présent aux conférences du salon du végétal, j’espère que vous retrouvez les principales informations développées lors de celles-ci.

N’hésitez pas à partager l’article sur les réseaux sociaux et le commenter ci-dessous pour apporter votre point de vue.

Guillaume VERDEGAY, jardinier Urbain.

6 réponses
  1. Guillaume.v
    Guillaume.v dit :

    Bonjour Julie, oui c’est vrai les gaz de schistes sont une vraie catastrophe. Leur conséquences nous poussent vers un monde ou la terre est exploitée de manière terrible, tant que ce type de ressource seront exploitable nous les exploiterons. Nous devons glisser vers un modèle beaucoup moins en gourmand en énergie fossiles. L’agriculture urbaine peut en faire partie.

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    • Guillaume.v
      Guillaume.v dit :

      Salut Guillaume, merci… Oui j’aime beaucoup son travail c’est superbe mais je ne connais pas vraiment d’autres artistes spécifiquement sur ce genre de créations… Mais sur instagram il y a pas de créateurs japonais très inspirés sur le végétal… A bientôt..

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