Impression 3D & jardinage urbain

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Une lente & douce évolution se propage dans notre rapport aux objets, à l’achat et la consommation. Certains pensent même que l’impression 3D est aussi révolutionnaire que l’invention du téléphone ou d’internet. Nous nous posons aujourd’hui les mêmes questions qu’à l’époque de ces découvertes, « C’est impressionnant, mais à quoi cela pourra bien servir? ».

Faire des Pokemons bien sur…

 

C’est vrai que les applications grand public de l’impression 3D semblent à première vue, assez limitées. Il faut se rendre dans un Fablab, payer une cotisation à l’année et se faire épauler lors des premières conceptions & impressions. Choix de l’imprimante, du fil de matière première et patienter jusqu’à plusieurs heures le temps que l’impression se termine.

Une fois cette étape franchie, avec l’aide d’un membre plus expérimenté, vous pouvez commencer à concevoir vos modèles 3D à imprimer ou bien télécharger des modèles tout prêts, en somme, télécharger et imprimer des objets.

 

Demain, l’imprimante 3D accessible à tous :

Transposons-nous dans une dizaine d’années, en prenant comme postulat que le développement de l’impression 3D domestique se développera aussi rapidement que l’informatique ou la téléphonie mobile. Il est probable qu’une offre de machines à destination des particuliers ou à l’échelle d’un quartier voit le jour et deviennent réellement accessible à tous.

Mais alors, pour quelle utilisation ? Tout d’abord, il faut imaginer, que les machines proposeront un usage simplifié et des capacités d’impressions décuplées. Tout comme, au fil des années, les possibilités offertes par les ordinateurs ont augmentées tout en proposant une ergonomie plus intuitive.

Il est probable, qu’en premier lieu, l’impression 3D accompagnera les partisans du jardins DIY. Tendance de fond qui croise les approches de l’agriculture urbaine, du jardinage urbain et des arts créatifs. C’est déjà le cas en partie, car de plus en plus de créations 3D apparaissent sur les réseaux sociaux d’images comme Pinterest.

Je ne sais pas pour vous, mais toutes ces réalisations me donnent envie de tenter l’aventure dès aujourd’hui et imprimer mes premiers objets « Jardin ».

Editeurs d’objet 3D, un métier d’avenir ?

Si l’on ne souhaite pas imprimer nous-même, on peut aussi demander à un éditeur (d’objets 3D) de l’imprimer pour nous et nous l’envoyer. C’est le cas par exemple de Noah Hornberger du michigan qui propose d’envoyer ses créations via sa boutique « ETSY » du nom de MESHCLOUD. Ses créations sont étonnantes et proposent des support de plantes (« Planters ») originaux. Etant en France, je ne commanderai pas le produit aux états-unis, mais certains éditeurs sont français et pourraient proposer des produits dans cet esprit.

 

Leroy Merlin : Toujours en avance sur son temps…

Leroy Merlin propose une machine d’impression 3D du nom de « Imprimante 3D PP3DP Up ! plus 2  » qui permet la réalisation de pièces assez volumineuse. Elle est vendue au prix de 1649,00€. Leroy Merlin est particulièrement en avance sur ce sujet car ils ont ouvert un atelier type Fablab dans le magasin d’Angers et 10 autres magasins en France et vont ouvrir début novembre le premier « TechShop atelier Leroy Merlin »  à Ivry-sur-Seine. Un espace de 2000 mètres carrés dédié aux « makers » et à la fabrication en tout genre, dont l’impression 3D.

Techshop atelier Leroy merlin . Crédits photos : Leroy Merlin, Xavier Biseul

Techshop atelier Leroy merlin .
Crédits photos : Leroy Merlin, Xavier Biseul

L’impression 3D dans le paysage :

Muret & bordures à imprimer

Des imprimantes 3D à imprimer du béton existent déjà, on a tous vu ces images de maisons chinoises imprimées en 3D en 24H00. Il est vrai que l’approche de création de bâtiments par le biais d’imprimantes est intéressante, elle pourrait réduire la production de déchets de 60% en comparaison avec les méthodes traditionnelles. Cela pose évidement la question de l’emploi, dans le secteur du paysage également.

http://www.generation-nt.com/zoom-1571032,1877262-impression-3d-10-maisons-200-m2-realisees-24-heures.html

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On peut tout à fait imaginer voir se développer des machines capables d’imprimer des bordures, un muret ou encore une terrasse.

De même, il sera envisageable de créer sur mesure des bacs de cultures qui viendront épouser la forme d’un balcon ou d’un jardin. Actuellement la plupart des machines 3D à destination des makers et du grand public ne permettent pas vraiment de réaliser des bacs de grandes dimensions, mais c’est une affaire à suivre.

 

Et vous, vous êtes prêt à franchir le pas de l’impression 3D ?

Atelier Terrarium sur Nantes

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Le coin jardin organise des ateliers Terrariums sur Nantes pour apprendre à fabriquer et entretenir des micro-jardins d’intérieurs.  Quasiment autonome, ils fonctionnent comme des mini-serres.

Durant l’atelier vous apprendrez à choisir les bons contenants, matériaux & végétaux pour assurer le meilleur développement de votre petit jardin.

Etape par étape vous construirez votre petit paysage dans une ambiance joyeuse et ouverte à la créativité de chacun.

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La fourniture d’un contenant en verre, des matériaux et plantes sont compris dans l’atelier et vous repartirez avec votre création.

Vous aurez également la possibilité d’acheter sur place les fournitures nécessaires à l’élaboration de nouveaux terrariums.

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Pour participer à l’atelier vous devez être inscrit grâce au formulaire ci-dessous.

Inscription pour les prochains ateliers :

Billetterie Weezevent

 

Vous avez la possibilité de payer votre place en ligne ou bien de réserver la place et payer le jour de l’atelier.

Les ateliers auront lieu au Solilab des écossolies au 8 rue saint-domingue, 44200 Nantes.

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Plus d’infos sur les ateliers ici

Découvrez plus de photos de terrariums grâce à mon tableau 300 terrariums sur Pinterest.   Abonnez-vous au tableau 300 TERRARIUMS de Le coin jardin sur Pinterest.

L’agriculture urbaine révolutionne-t-elle le marché du jardin?

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Vers un déclin du jardin d’ornement ?

L’agriculture urbaine fait de plus en plus parler d’elle. Depuis 15 ans, elle semble changer petit à petit le visage des villes, et ceci partout dans le monde. En France, les médias lui consacrent des reportages, des articles, ils se font le relais efficace d’un mouvement qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le développement de projets maraîchers urbains n’a de cesse d’influencer un grande nombre de jardiniers amateurs qui décident de franchir le pas et de prendre la pelle pour planter en ville.

New-York est très en avance sur l'agriculture urbaine et influence beaucoup l'Europe et le Quebec.

New-York est très en avance sur l’agriculture urbaine et influence beaucoup l’Europe et le Quebec. Source photo :  NY City Woman

Pourtant, le marché du jardin (producteurs de plantes, distributeurs et fabricants de produits, paysgaistes…), dont je fais partie, semble rester passif face à cet engouement national et international. Depuis quelques années, l’ambiance y est particulièrement morose et les acteurs peinent à se renouveler et trouver de nouveaux marchés. Faire évoluer un marché est sans doute complexe et nécessite une synergie forte, mais si les consommateurs plébiscitent ce changement, a-t-on réellement le choix ? Peut-être aussi a-t-on peur d’aller vers un système commercial peu créateur de valeur ?

Toujours est-il que si les acteurs du marché du jardin délaissent l’agriculture urbaine où ne la considèrent que comme une mode ou une tendance éphémère, le risque est de perdre pour de bons ses clients qui sauront s’organiser autrement.

Il est vrai que l’agriculture urbaine amateure est née dans les jardins familiaux et ouvriers d’antan. Des jardins associatifs de production alimentaire dédiés à l’autoconsommation, où la débrouille, l’échange de graines et la transformation des déchets sur place. Ces pratiques permettent une production vertueuse avec peu d’achats dans les circuits de distributions spécialisés.

Pourtant, en regardant du côté de l’urbanisme, les nouveaux logements urbains intègrent de plus en plus la dimension alimentaire et proposent des équipements originaux pour accompagner les résidents demandeurs.

Ci-dessous, l’illustration d’un projet proposé par l’agence « Bruno Rollet ».

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Quels bouleversements cela impliquent dans la pratique du jardinage ?

L’engouement pour le jardin potager est assez symptomatique de la crise écologique, éthique et économique que traverse l’occident et le monde plus généralement. La mise en œuvre pratique (retour à la terre, découverte de la nature, …) semble être l’une des étapes clés d’un processus de prise de conscience de l’impact de nos modes d’alimentations et de consommations. l’auto-production d’aliments sains et la compréhension du mode de production des fruits et légumes et la transmission à l’enfant pour les jeunes parents sont également de nouvelles motivations qui incitent à franchir le pas.  Dans ce contexte, on comprend l’essor du jardin naturel et des pratiques écologiques qui en découlent.

Par exemple, il est intéressant de noter l’engouement actuel envers la permaculture et plus généralement les techniques alternatives de jardinage. Le terme de recherche  » Permaculture » sur Google connait une croissance très rapide. Les blogs et vidéos traitant du sujet affichent des taux de diffusions records pour le secteur « Jardin ».

Auprès des adeptes de la permaculture, une forte méfiance se développe à l’égard des industriels du monde agroalimentaire et donc du monde du jardin (semenciers, fabricant produit phytosanitaires, …). Cependant, le marché est vaste et diversifié. Il a tout à fait la capacité de se transformer en une filière vertueuse et respectueuse de l’environnement. Ci-dessous : Le concept de permaculture appliqué chez un particulier.      .

Botanic, une enseigne en avance sur son temps ?

L’exemple de Botanic est significatif. En 2008, l’enseigne prend le virage du 100% naturel. La profession s’interrogeait alors sur la sincérité de la démarche. Comme si, elle doutait elle-même de la possibilité d’avoir une démarche vertueuse et naturelle complète au jardin, un comble pour des producteurs de nature. Aujourd’hui, Botanic est l’une des plus belles enseignes du jardin. Elle est présente sur une bonne partie de la France dans différents types de territoires et n’est pas destinée uniquement à une cible d’initiés. Avec l’évolution des mentalités et du cadre législatif (interdiction des produits chimiques au jardin en 2022 par exemple), il faut reconnaître que Botanic a certainement 15 ans d’avance sur ses concurrents.            

L'enseigne Botanic s'engage depuis 2008 dans le jardin 100% naturel.

L’enseigne Botanic s’engage depuis 2008 dans le jardin 100% naturel.

 

Vers une montée en compétence et un renouvellement de l’offre produit ? 

Une transition écologique globale de la filière jardin est-elle envisageable ? Une éthique et des valeurs en phase avec les envies de ces nouveaux jardiniers peuvent-elle se mettre en place et à quel horizon ? Autant de questions qui doivent être mises sur la table et discutées par tous les acteurs de la profession. Les professionnels du jardin, du paysage et du végétal peuvent également accompagner les amateurs dans leur montée en compétences vers les bonnes pratiques au jardin. Les gammes de produits et les points de ventes en ville pourront être adaptés au développement d’une agriculture urbaine éthique, écologique et diversifiée. Pourrons-nous cesser un jour de penser les produits pour les urbains comme des produits jardins « gadgets » ? Arrivera-t-on à voir que d’autres formes de jardinages naissent en ville et qu’il faudrait nous y adapter ? 

Nature Vivante : Un style de jardin est né de l’agriculture urbaine

Certains signes témoignent de l’engouement des urbains pour la culture potagère et l’on voit émerger la naissance d’un nouveau style dans les jardins particuliers, les balcons et les terrasses. Une sorte de mixage entre le jardin d’ornement et le jardin productif. Ci-dessous un tableau Pinterest qui présente ce style :         Abonnez-vous au tableau NATURE VIVANTE de Le coin jardin sur Pinterest.

 

Pour l’instant, les récoltes y sont anecdotiques mais diversifiées. Sans franchement l’anticiper, le marché du jardin a bénéficié de cette engouement et a vu les ventes sur le segment « Potager » progresser fortement depuis 5 ans.

La naissance d’un jardin entre potager et ornement intégrant les contraintes de la culture en ville incite à revoir entièrement l’approche en terme de proposition de produits et d’aménagement. La culture hors-sol est répandu en ville en raison de la difficulté à évaluer la toxicité des sols et de l’abondance de surfaces couvertes inexploitées. Cela implique par exemple l’acquisition d’un grand nombre de contenants avec des critères non pas basés sur l’esthétisme mais le coût d’acquisition, la facilité de transport et la qualité d’accueil des cultures. De manière générale, les jardiniers urbains amateurs s’orienteront vers des produits semi-pro (type smartpot) de préférence fabriqués en France avec un impact écologique moindre et de bons rendements.

De même, les spécialistes de la distribution du jardin devront être à même de proposer les outils, matériaux et accessoires pour favoriser le DIY (Do It Yourself), pour que ces nouveaux jardiniers puissent réaliser leurs idées par leurs propres moyens, chose qu’ont compris depuis bien longtemps les spécialistes du bricolage qui migre aujourd’hui vers l’activité jardin.

Ci-dessous : Tableau Pinterest dédié au jardin DIY
Abonnez-vous au tableau DIY JARDIN de Le coin jardin sur Pinterest.

 

Les familles de produits concernées par l’agriculture urbaine amateur : 

Sans créer une liste exhaustive, on peut citer quelques familles commerciales concernées par l’agriculture urbaine :

-Familles végétales : L’agriculture urbaine favorise le développement d’espèces alimentaires, locales et produites de manières éthique et naturelle. Il faut revenir à des espèces locales et anciennes favorisant le goût, développées pour la culture non industrielle. Les espèces favorisants la biodiversité animale et la pollinisation ont également un rôle à jouer.

– Produits Phytosanitaires : Encore appelés abusivement « Soins des plantes » ou « Pharmacie », le rayon des pesticides et engrais chimiques n’aura bientôt, grâce à la législation (loi labbé) plus sa place en jardinerie. Cette famille devra réellement s’adapter aux pratiques du jardinage écologique si elle veut survivre.

-L’outillage : Certainement l’un des aspects visibles de la montée en compétences des urbains est l’acquisition de petit outillage adapté à la vie en ville. Faire soit-même son jardin en ville de A à Z  implique l’acquisition d’outils adaptés, de qualité et de fabrication française de préférence.

– Compostage : Les silos à compost, broyeurs, lombri-composteurs, …

– Basse-cours : Les jardineries ont bien compris l’intérêt que les urbains portaient aux produits et animaux de basse-cour. C’est l’un des secteurs en hausse du marché du jardin.

Je pourrais encore citer l’offre des contenants, matériel de reproduction et d’éclairage qui devra également proposer une gamme de produits adaptés et en phase avec les valeurs éthiques de l’agriculture urbaine.

Le potager en ville, dans sa forme esthétique impose un équipement important permettant une culture diversifiée

Le potager en ville, dans sa forme esthétique impose un équipement important permettant une culture diversifiée

Vers une mutation complète du marché du jardin ? 

Que l’on en perçoive les contours ou non, qu’on la considère comme une mode ou un marché de niche, il est probable que l’agriculture urbaine n’en soit qu’à ses balbutiements en France. Partout des acteurs s’organisent et regroupent des populations et couches sociales diverses. Que ce soit pour l’aspect écologique, économique ou gustatif, il semblerait que le visage des jardins des français soit en plein bouleversement.

Le marché du jardin qui a connu une expansion grâce au jardin d’ornement dans les années 70 et 80 pourrait prendre une nouvelle dynamique grâce à l’agriculture urbaine.

Pour autant, on ne peut pas prévoir l’avenir et il serait présomptueux d’affirmer avec certitude de quoi sera fait demain. L’agriculture urbaine n’est qu’une voie pour réinventer le jardin de demain mais elle peut être un symptôme  ou une solution aux grandes interrogations de notre société.

Passer du jardin esthétique et superflue au jardin utile, alimentaire et écologique sera peut-être perçu dans 15 ans comme une évidence. En tous cas, je fais partie de ceux qui le pensent et j’espère sincèrement qu’un jour le marché du jardin sera ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être, c’est à dire un vecteur principal du développement de la biodiversité et de la nature.

Guillaume VERDEGAY, Jardinier urbain.